Renouées asiatiques

Il existe 2 renouées asiatiques :
Fallopia japonica
Fallopia sachalinensis.
Malheureusement elles peuvent s’hybrider entres-elles et former Fallopia x Bohemica.

1.D’où viennent les renouées asiatiques ?

Elles sont originaire d’Asie orientale (Chine, Japon, Corée, Taiwan). Elles sont actuellement largement naturalisées en Europe.

2.Comment se sont-elles introduites en Europe ?

On pense que les individus de la renouée du Japon observés actuellement en Europe proviennent de graines apportées aux Pays-Bas, vers 1830, par le botaniste allemand VON SIEBOLD. Elles furent semées avec l’espoir que la plante puisse être utilisée comme fourrage pour nourrir le bétail.

Historiquement, il semble que la renouée fit une entrée discrète en Europe jusqu’aux années 1930, période à partir de laquelle sa progression fut très rapide.

Actuellement, d’ouest en est, la plante est présente de la côte atlantique jusqu’àla Mer Noire, du sud au nord, elle s’étend du nord du Portugal et de l’Espagne jusqu’aux côtes de Norvège et de Finlande.

La plante fut utilisée comme espèce ornementale et en particulier pour « meubler » rapidement des espaces vides.

3.Comment les renouées se sont introduites chez nous ?

Il semble que la première mention de la plante date de 1882 (à Bruxelles, dans le bois de la Cambre) mais, mal déterminée, elle ne fut pas reprise dans le Prodrome de la flore belge (DURAND 1899).  Elle est restée fort rare de 1882 à 1930, période pendant laquelle on la rencontrait surtout au nord du sillon Sambre-et-Meuse ainsi que dans la vallée du Hoyoux. Ensuite – et surtout après 1945 – la plante se mit à proliférer – et gagna toutes les régions naturelles de notre pays. Actuellement, son extension ne cesse de progresser. En effet, elle peut être disséminée très facilement par des fragments de rhizomes ou de tiges contenus dans des terres (remblai, bord de route, digues) ou dans des déchets amenés dans les décharges. D’autre part, les rhizomes et morceaux de tiges peuvent être disséminés lors des crues qui les arrachent aux berges. 
A ne pas faire !
- Ne pas déplacer les terres susceptibles de contenir des rhizomes
- Ne pas gérer sans en estimer la réelle nécessité
- Ne pas planter ni distribuer
- Ne pas composter
Gestion mécanique
- Ne pas jeter les résidus de fauche dans la nature
- Ne pas transporter les résidus sans s’assurer qu’ils ne soient correctement couverts
Gestion chimique
- Ne pas faucher le plant durant l’année de gestion (ni avant ni après gestion)

4.Comment reconnaître la renouée du Japon ?

Les tiges aériennes dressées peuvent atteindre3 m de hauteur. Elles sont herbacées, épaisses, creuses, ramifiées dans leur partie supérieure, striées, glabres et pigmentées de rouge. La succession de nœuds puissants donne à la tige un aspect de bambou.

Les feuilles sont assez variables, sur deux rangs, longuement pétiolées. Le limbe est largement ovale, tronqué à la base, brusquement acuminé au sommet, entier pouvant atteindre16 cm de long sur12 cm de large, à nervures saillantes sur la face inférieure.

Les inflorescences en panicules sont nombreuses, situées à l’aisselle des feuilles supérieures.

Les fleurs sont d’un blanc un peu verdâtre. Les fleurs sont unisexuées et il semble qu’il y ait en Europe un déficit en plantes mâles fertiles, ce qui explique la mauvaise reproduction sexuée.

5.Invasive et agressive !

Etant donné sa faible reproduction sexuée, elle se multiplie surtout végétativement. Une fois installée, la plante fait preuve d’une grande agressivité. Elle forme des rhizomes d’abord minces et longs d’une cinquantaine de centimètres, devenant rapidement épais de quelques centimètres et s’allongeant jusqu’à atteindre en quelques années une longueur de 15-20 mètres. Ces rhizomes croissent en direction de la partie du terrain la mieux éclairée. Ils se glissent entre les organes souterrains des plantes en place et donnent naissance à des tiges aériennes dressées capables de traverser les substrats les plus tassés (parfois même du béton). Outre des rhizomes « explorateurs », la renouée forme des rhizomes courts, densément ramifiés, entremêlés, parfois presque soudés entre eux, recouverts de racines fibreuses formant un feutrage impénétrable pour une plante qui voudrait s’installer. Ce qui explique l’existence de peuplement dense, impénétrable et occupant une surface qui s’agrandit à chaque printemps.

De petits morceaux de rhizomes, transportés par l’eau peuvent rapidement produire de nouvelles plantes, ce qui explique la dissémination rapide de la plante le long des cours d’eau. Des fragments de tiges sont également capables de donner naissance à de nouvelles plantes, en particulier dans les milieux très humides.

6.Conseils de gestion

Les renouées asiatiques comptent parmi les plantes invasives les plus difficiles à gérer. La gestion est longue, coûteuse et peut présenter un risque de dispersion de fragments de rhizomes. Par conséquent, il est important de juger de la nécessité de gérer. Il peut être préférable de ne pas y toucher et donc d’éviter de perturber le sol contaminé. Si une gestion s’avère nécessaire, plusieurs méthodes de gestion existent et sont actuellement en cours d’évaluation.

A faire - si vous êtes dans une cpntrainte qui oblige une gestion (sortie de secours, danger)
- Estimer la nécessité de réaliser une gestion.
- Choisir un scénario de gestion adapté aux contraintes du site
- En cas de gestion, lors des dégagements et des fauches, couper les tiges en-dessous du premier noeud
- Entasser les tiges sur le site même, pour limiter le transport et le risque de contamination
- Stocker les résidus de fauche sur bâche en milieu ouvert et hors zone inondable, recouvrir le tas pour éviter toute dispersion par le vent
- Laisser sécher les résidus pour les brûler dès que possible
- Retourner le tas 2-3 semaines plus tard pour favoriser le séchage
- Surveiller qu’aucun résidu ne s’enracine pour l’extraire immédiatement
- Nettoyer les outils, les pneus et chenilles des véhicules
- Suivre les gestions tous les mois pendant plusieurs années
- Surveiller les sites sains

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