Définition :

Une espèce invasive est une espèce introduite dans un milieu qui n’est pas son milieu d’origine et dont le développement va nuire aux espèces et à la biodiversité locale.

Cette invasion biologique est désormais reconnue comme la deuxième cause, après la destruction des habitats, du déclin de la biodiversité.

En effet, ces espèces animales ou végétales entrent en compétition avec les espèces locales et peuvent devenir leurs prédateurs, leur transmettre des maladies ou détruire leur habitat.
Environ une espèce introduite sur mille peut devenir invasive et tous les pays sont touchés par ce fléau.

Comment ces espèces entraînent-elles une perte en biodiversité ?

Concurrence interspécifique : ne subissant pas une concurrence naturelle qu’elles ont dans leur milieu d’origine, elles peuvent très rapidement prendre la place de nombreuses espèces indigènes !

Exemple :   La coccinelle asiatique introduite comme agent de lutte biologique s’est imposée en moins de 10 ans dans toute la Belgique et a réduit toutes les espèces de coccinelles indigènes de manière drastique !

Modification des milieux : certaines espèces introduites modifient très sensiblement les milieux dans lesquels ils ont été introduits

Exemple : Le chêne rouge d’Amérique introduit en sylviculture acidifie irrémédiablement les sols et bouleverse les écosystèmes végétaux et animaux des sous-bois.

Introduction de germes : certaines espèces exotiques introduisent avec elles certains champignons et germes qui exterminent nos espèces indigènes.

Exemple : L’écrevisse d’Amérique du Nord introduite pour la pisciculture s’est échappée dans les milieux naturels et en transmettant un champignon (Aphanomyces astaci) a entraîné la disparition de notre écrevisse à pieds rouges.

Les invasions à travers le monde :

Nous avons parfois le sentiment d’être les seules victimes en Europe de d’espèces venues d’ailleurs ! Détrompez-vous…

La Truite fario provenant de nos rivières est considérée comme invasive en Amérique du Nord, du Sud, en Afrique,  en Asie et en Australasie…

Comme chez nous, le ragondin, originaire d’Amérique du Sud, est invasif en Amérique du Nord, au Japon et au Kenya.

La Grenouille Taureau de l’est de l’Amérique du Nord s’étend de manière inquiétante à l’ouest de l’Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Asie et bien sûr en Europe.

La Salicaire pourpre,  jolie fleur de nos bords de cours d’eau et que nous n’aimerions pas voir disparaître au profit de la Balsamine de l’Himalaya, envahit 200 000 hectares de zones humides chaque année en Amérique du Nord…

La faune invasive en région wallonne

Avant d’aborder le problème des plantes invasives, il est utile d’énoncer la liste des animaux invasifs et plus précisément ceux qui touchent le milieu aquatique :

les mammifères :             le rat musqué, le ragondin

les amphibiens :              la grenouille taureau, la grenouille rieuse

les reptiles :                      la tortue de Floride (ouf, elle ne se reproduit pas encore, il fait trop froid)

les mollusques :                la moule zébrée, la palourde asiatique

les poissons :                    le silure, le sandre, la perche du Nil, le goujon asiatique

les oiseaux :                      l’ouette d’Egypte, la bernache du Canada

les crustacés :                   l’écrevisse de Louisiane, l’écrevisse de Californie

Les plantes invasives en région wallonne

On considère comme invasive toute plante exotique introduite volontairement ou non dans une aire géographique qu’elle ne pourrait coloniser naturellement. 

  • Ces plantes possèdent une grande capacité d’adaptation et de dispersion.
  • Elles produisent des changements au niveau de nos écosystèmes allant jusqu’à remplacer nos espèces indigènes.
  • Elles s’installent principalement dans des milieux dégradés tel que travaux, bord de route, remblai,… On peut néanmoins les rencontrer partout puisque parfois introduites volontairement par l’homme. On sait donc les voir dans nos jardins, nos potagers ou le long des voies ferrées ou des cours d’eau.
  • Elles peuvent être de différents types :
    • Herbacées : Séneçon du Cap, Renouée du Japon, Balsamine de l’Himalaya, la Berce du Caucase…
    • Aquatiques : Jussie rampante, Myriophylle du Brésil, Elodée du Canada, l’Hydrocotyle fausse-renoncule…
    • Arbustifs : Buddleia, Faux Indigo ou indigo bâtard
    • Arboré : Erable Négundo, Robinier faux-acacia,…

Attention à ne pas confondre invasive et envahissante. Nos espèces indigènes peuvent être envahissantes tel que la ronce ou l’ortie. Cette dernière aura tendance à proliférer lorsque le sol sera trop riche en azote.

Mieux vaut prévenir que guérir :  ( voir AlterIAS – Des Alternatives aux plantes invasives)

Il y a deux grandes stratégies en matière de lutte contre les plantes invasives : la prévention et la gestion. La prévention consiste à éviter les introductions dans l’environnement. La gestion consiste au moyen de différentes techniques (fauche, arrachage manuel ou mécanique, etc.) à limiter l’expansion des populations déjà établies dans la nature. Prévention et gestion sont complémentaires, mais il vaut mieux éviter de nouvelles introductions que gérer les plantes dans la nature. C’est plus facile, moins coûteux et moins perturbant pour le milieu. Les plantations (et/ou les ensemencements) volontaires et les dépôts sauvages de déchets verts comptent parmi les principaux facteurs de dispersion de plantes due à l’homme. Ils sont directement liés aux activités de jardinage.

Plantons autrement :

Par de simples gestes, nous pouvons tous agir de manière préventive et ainsi contribuer à préserver notre biodiversité. Voici quelques exemples :

  • connaître la liste des plantes exotiques
    • éviter de les planter
    • privilégier l’utilisation de plantes alternatives non invasives
    • ne pas jeter ses déchets verts dans la nature

Chacun peut s’engager à adopter ces bonnes pratiques. Elles sont regroupées dans un Code de conduite sur les plantes invasives disponible sur www.alterias.be.

La mission du contrat de rivière dans ce plan de lutte contre les plantes invasives :

En tant que contrat de rivière concerné surtout par la lutte contre les plantes invasives des bords de cours d’eau, la suite de ce chapitre se limitera à la gestion des 3 plantes les plus problématiques du bord des cours d’eau : la berce du Caucase, la balsamine de l’Himalaya et les renouées asiatiques.