Une rivière à l’honneur… la Brainette

Une rivière à l’honneur… la Brainette

Si on vous parle de Braine-le-Comte et de sa rivière, vous allez directement penser à la Senne. Effectivement, celle-ci s’écoule à quelques kilomètres de la ville, mais la rivière qui traverse Braine-le-Comte porte un autre nom : la Brainette !

Origine

Braine-la-Wihote en 1071, Branaa Willotica en 1181, Brania Comitis en 1254…  Le nom de la ville a bien évolué, comme le nom de la Brainette, qui s’appelait « Ruisseau des prés » ou « Les prés à la Braine ». Ce ruisseau prend sa source à différents endroits entre le plateau de la Baraque des Planches et la tête du Bois de La Houssière à une altitude de 110 m. On retrouve d’ailleurs une Brainette 1 et une Brainette 2 sur certaines cartes, avant que leurs cours ne convergent au bout de moins d’un kilomètre.

Parcours à travers la vallée 

Au niveau de la Chapelle Notre Dame de Bon Secours (croisement de l’avenue des Aubépines et du chemin des Dames), la Brainette reçoit son premier affluent, le Coraimont, un 3ème catégorie qui prend sa source directement dans le Bois de la Houssière. De là, la Brainette chemine vers les étangs Martel qu’elle va longer avant de plonger sous la ville par le chemin de Feluy. Rappelons que les étangs Martel ont été creusés dans les années 1960 seulement, pour la pêche et le canotage, dans le but de renforcer l’attractivité touristique de la ville et du bois de la Houssière. Reprenons le fil de notre Brainette : durant son trajet sous pertuis, elle reçoit les eaux du Sans-Fonds, un autre affluent venant également du Bois de la Houssière. A l’époque, quand la Brainette était encore à ciel ouvert à cet endroit, la papeterie CATALA y puisait de l’eau pour le bon fonctionnement de l’entreprise. La rivière n’était souterraine qu’à partir de l’église Saint-Géry, jusqu’à la place de la Poste. C’est là qu’elle prenait le nom de Brainette. Désormais, la rivière ne revoit le jour qu’en aval de la ville, après quoi elle serpente le long de la route qui mène aux villages de Petit-Roeulx-les-Braine. En chemin, elle reçoit les eaux « nettoyées » de la station d’épuration de Braine-le-Comte, mise en service en 2005 et d’une capacité de 11.000 Equivalent Habitants (actuellement elle tourne à 80% de sa capacité). Avant de terminer sa course dans la Senne aux abords du village de Steenkerque, la Brainette reçoit encore les eaux de différents ris dont les sources se situent non loin, de part et d’autre de sa vallée. La rivière croise également les vestiges d’un ancien moulin à eau au lieu-dit « Plouy », bâti en 1779 par la famille d’Arenberg.

Usages multiples

Comme dans toutes les villes traversées par une rivière, celle-ci fut utilisée de différentes façons :

  • Les eaux de la Brainette ont très tôt servi à alimenter les douves qui entouraient les murailles d’un château, dans le but d’en renforcer la défense.
  • Au début du 18ème siècle, le développement de la ville contribue également à la multiplication… des brasseries ! A l’origine, les brasseries servaient principalement à enlever les germes de l’eau, car celle provenant des puits étant souvent douteuse. La bière obtenue était généralement peu alcoolisée. La brasserie Deflandre fait partie des plus connues du territoire.
  • La période industrielle représente un tournant pour l’économie de la région. Plusieurs entreprises connaissent un développement important : des filatures de coton, l’imprimerie Zech, la papeterie Catala, des ateliers de locomotives et des verreries. Certaines de ces industries avaient bien besoin d’eau et de l’énergie hydraulique de la rivière. La Brainette fut donc longuement mise à contribution !

Cette utilisation sociale et industrielle du cours d’eau ne l’empêchera pas de disparaitre sous la ville. Le besoin de place et de cacher la rivière et ses pollutions malodorantes ont poussé les autorités à mettre la Brainette sous pertuis tout au long de son tracé urbain. Si la Brainette reste relativement propre en aval de la ville, elle en ressort malheureusement chargée de pollutions (eaux usées, déchets, etc). Des lingettes, le fléau des cours d’eau, sont bien visibles le long des berges… Tout cela s’améliore fortement après la station d’épuration et permet à la Brainette de suivre son cours bucolique avant de se jeter dans la Senne. N’oubliez pas, que ce soit votre toilette ou un avaloir public, ici commence la mer !


Sources :

  • Glossaire toponymique de la ville de Braine-le-Comte, imprimerie Zech et fils, 1894
  • Atlas des voiries vicinales de 1841
  • https://www.badeaux.be/images/badeaux/guides/07/Braine-le-Comte.pdf
  • Daniel RUELENS – Bachelier Assistant de Direction – Direction des Centres d’Exploitation – IDEA
  • Au fil de l’eau – Des prés à la Braine à la Mer du Nord – Raoul Vanachter – 1999
  • Ancienne brochure sur Braine-le-Comte pour le compte du Sybdicat d’Initiative de et à Braine-le-Comte
  • BAVAY, Gérard, « Patrimoine et histoire des moulins en Hainaut : inventaire descriptif », ANNONIA, 2008, pp337-339
  • Fiche de Braine-le-Comte sur wikipedia  https://fr.wikipedia.org/wiki/Braine-le-Comte