La balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera)

La balsamine de l’Himalaya
(Impatiens glandulifera)

Description de l’espèce

La balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera)
Lies Op de Beeck @ RBINS

La balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera) est une plante terrestre annuelle originaire de l’Himalaya. Cette espèce a été introduite en Europe, y compris en Belgique, en tant que plante ornementale populaire pour les jardins. Les premières observations de la balsamine de l’Himalaya en milieu naturel en Belgique remontent à 1939. La dispersion naturelle depuis les jardins dans lesquels l’espèce a été introduite ainsi que la libération intentionnelle d’individus dans la nature, sont probablement à l’origine de sa présence dans l’environnement. Aujourd’hui, la balsamine de l’Himalaya est considérée comme une espèce exotique envahissante problématique dans de nombreux pays du monde et est désormais répertoriée comme EEE préoccupante pour l’Union européenne, conformément au Règlement (UE) n°1143/2014.

La balsamine de l’Himalaya prospère dans divers types d’habitats, mais affectionne particulièrement les milieux alluviaux, humides et semi-naturels riches en nutriments tels que les prairies, les bordures de cours d’eau et les fossés. Cette espèce, au système racinaire peu développé et peu profond, peut communément atteindre 2,5 m de hauteur et former de denses colonies. Les effets néfastes sur l’écosystème et la biodiversité sont alors considérables, avec notamment comme conséquences une érosion des berges, un déclin de la flore indigène ainsi qu’une accaparation des pollinisateurs, pouvant affecter la pollinisation des plantes indigènes. Sur le plan socio-économique, les impacts incluent les coûts associés à la gestion, une restriction d’accès aux cours d’eau et une atteinte aux activités de loisirs (pêche, navigation, etc.).

Caractéristiques biologiques, reproduction et dispersion

En Belgique, la balsamine de l’Himalaya fleurit entre juin et octobre. La plante possède des fleurs très riches en nectar, qui attirent de nombreuses espèces de pollinisateurs. L’espèce, annuelle, meurt à l’automne, laissant le sol quasi nu. Les jeunes plants commencent à pousser vers avril. Comme pour toutes les espèces végétales annuelles, la germination, la floraison, la production de graines et la mort se produisent au cours de la même année.

En Europe occidentale, la balsamine de l’Himalaya se reproduit via des graines dont le taux de germination est d’environ 80%. Chaque plante produit plusieurs milliers de graines chaque année. Les graines sont contenues dans des capsules qui, une fois mûres ou lorsqu’elles subissent une choc physique (ex. lorsqu’elles sont touchées), éclatent en propulsant leur contenu jusqu’à 7 mètres de la plante-mère. La viabilité de la banque de graines dans le sol est d’environ 2 ans, bien que des observations dans certaines régions indiquent une viabilité de 3 ans. La dispersion des graines sur de longues distances est principalement assurée par les cours d’eau, les graines étant flottantes ou transportées dans les sédiments.

La dissémination peut également être facilitée par les hommes lors d’activités nautiques ou d’entretien. Ces capacités élevées de régénération et de propagation soulignent l’importance de la mise en place de mesures de prévention et de biosécurité efficaces.

Impacts causés

La balsamine de l’Himalaya, comme la plupart des espèces invasives, forme des populations très denses préjudiciables au développement des espèces indigènes par monopolisation des ressources nutritives du milieu. Elle menace ainsi les espèces indigènes typiques des zones humides par réduction de leur habitat disponible. Ces vastes massifs entraînent également une homogénéisation de la flore, des paysages et entravent largement la circulation le long des berges. Colonisant les zones humides, la balsamine de l’Himalaya peut déstructurer les frayères. La plante augmente de plus les effets négatifs des crues en retenant peu les terres du sol. Durant l’hiver, la plante laisse le sol à nu, plus sensible à l’érosion.

En ce qui concerne la faune, la balsamine de l’Himalaya ne représenterait pas une ressource nutritive attractive pour la plupart des insectes phytophages associés à la végétation native des berges. Des recherches récentes ont également prouvé que l’abondant nectar produit par la plante est très apprécié des insectes pollinisateurs au point de les désintéresser des plantes indigènes, voyant ainsi leur cortège de pollinisateurs détourné.

Lorsqu’une espèce invasive envahit un site, c’est toute la réseau alimentaire qui est concernée et l’équilibre de l’écosystème qui est remis en question.

Conseils de gestion

La lutte contre les espèces de plantes aquatiques et rivulaires exotiques envahissantes comme la balsamine de l’Himalaya est un combat qui s’inscrit dans la durée et pour lequel il faut faire preuve de ténacité, de minutie, de rigueur et de régularité. En effet, chaque site doit être revisité régulièrement au cours de la saison de végétation et ce, pendant plusieurs années, afin de s’assurer d’aucune reprise à terme. A chaque visite la charge de travail diminue, mais il est très rare d’être débarrassé d’une plante sur un site dès la première action de terrain.

La Balsamine de l’Himalaya, plante annuelle, commence à être suffisamment visible pour être arrachée à la mi-juin (variable en fonction de la météo). Dès la mi-août les gousses explosent, la dissémination des graines commencent. Il est donc crucial de faire de la gestion de la Balsamine une priorité au cours du mois de juillet principalement, ce qui est une fenêtre très courte pour mener des actions.

Pour une première année de gestion, il est recommandé d’effectuer a minima 3 passages, espacées de minimum 4 semaines, sur la saison. Une fois les plantes en graines, il est toujours possible d’intervenir mais une précaution supplémentaire est de mise : les gousses et les inflorescences restantes doivent être préalablement (et délicatement) coupées puis mises en sacs pour l’incinération avant que la plante ne soit arrachée.

 


Sources:
  1. Life Riparias : Plantes exotiques envahissantes des milieux aquatiques et rivulaires – guide de bonnes pratiques de gestion
  2. Cellule d’appui à la gestion des plantes invasives. Proposition de méthodes de gestion préventives et actives de la problématique des plantes invasives aux abords des cours d’eau non navigables en Région wallonne.
  3. Cadre opérationnel pour la gestion des plantes exotiques envahissantes.